Dans le silence de la langue des signes, Ludivine a mis KO sa VAE


Ludivine GABARD, fière de son bac pro « Production graphique »

UNE VAE DANS LA LANGUE DES SIGNES

Il y a parfois des vérités qu’il vaut mieux taire. En 2016, Ludivine GABARD ne savait pas que son passage devant le jury VAE du bac Pro « Production graphique » représentait sa dernière chance de réussite…  « Depuis, le diplôme a changé. Je ne le lui ai pas dit au départ, pour ne pas lui mettre trop de pression », explique Didier REYNAUD, le méthodologue du DAVA de Toulouse qui l’a accompagnée tout au long de sa VAE.

Ce silence a payé, car Ludivine doutait et manquait de confiance en elle au début de son parcours. On peut la comprendre,  le diplôme a été construit pour des personnes sans handicap. Et Ludivine, 35 ans, est sourde depuis sa naissance ! Sans compter que sa langue première est la langue des signes et non le français.

Cap’Emploi a financé la VAE de Ludivine

Ludivine a participé à une réunion de présentation de la démarche VAE en juillet 2013. Puis elle s’est lancée en septembre 2015. Un face à face de 15H avec Didier REYNAUD. Plus de 100 courriels échangés ! Pour faciliter la communication entre Ludivine et Didier, une équipe d’experts se met en place. Une interprète spécialisée dans la langue des signes française. « Je ne regardais que Ludivine, tout en écoutant l’interprète », se souvient Didier REYNAUD… Pour l’écriture du livret 2 : un transcripteur.

 

« LA VAE, C’EST EXPLICITER MON METIER À UNE PERSONNE QUI NE LE CONNAÎT PAS »

Habituellement, la VAE représente un parcours d’introspection. On est le plus souvent seul face à son expérience. Entre Ludivine et Didier, on a l’impression que l’accompagnement s’est déroulé dans une ambiance de ring. Entre la personne sourde et son accompagnant, il a fallu dépasser l’obstacle du silence pour se comprendre et coucher les bons mots sur le papier. Parfois avec douleur…

« Cela a été un combat pour chercher des idées, trouver des activités, explique Didier. Au début, j’ai eu des difficultés pour comprendre le parcours de Ludivine. Surtout, j’ai dû batailler pour l’orienter vers le bac Pro alors qu’elle souhaitait passer le CAP. Ludivine doutait, mais le message est passé. ».

De son côté, Ludivine a vécu ce parcours VAE avec difficulté. « Le début a été compliqué pour moi, car je ne connaissais pas les étapes à suivre (…). J’ai eu du mal à comprendre que mon accompagnement était réalisé par une personne ne venant pas de mon secteur d’activité, explique-t-elle. Au fil de nos échanges, je me suis rendu compte que l’intérêt de cette méthode résidait justement à devoir expliciter mon métier à une personne qui ne le connaît pas ».

Didier REYNAUD : un homme de conviction


LUDIVINE A DOUTÉ JUSQU’AU DERNIER JOUR

Heureusement, Didier est un ancien adepte de la boxe française et du judo. Des sports où il faut anticiper, esquiver, utiliser la force de l’adversaire.  Ludivine est quant à elle habituée aux épreuves, car elle travaille en milieu ordinaire, ce qui exige du caractère. Elle a dû jouer avec les cordes du ring pour mettre KO ce bac Pro tant convoité !

Leur union a fait leur force, même si jusqu’au dernier jour Ludivine a douté. « Au moment du résultat positif, elle doutait toujours ! », s’étonne encore Didier, heureux « qu’elle ait remporté ce combat ». C’est avec sa traductrice – par Skype – que Ludivine a découvert la bonne nouvelle : « J’ai ouvert le courrier en sa compagnie et j’ai sauté de joie à la vue des résultats ! ».

Une VAE gagnée par KO !

 

Dava Toulouse

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